Les réfugiés fuient-ils la Suisse ?

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Les réfugiés fuient-ils la Suisse ? C’est bien la conclusion à laquelle on pourrait aboutir en lisant ceci à la page 13 du Commentaire sur la statistique en matière d’asile* « En 2014, un total de 257 demandes d’entrée ont été déposées dans les aéroports de Genève–Cointrin et Zurich–Kloten. 42 demandes ont été déposées à Genève (année précédente: 79) et 215 à Zurich (année précédente: 305)» soit une chute drastique de 33% des demandes d’asile aux aéroports entre 2013 et 2014, (- 47 % à l’aéroport de Genève et 30 % à l’aéroport de Zürich).

Bien que les demandes d’asile aux aéroports représentent qu’une infime proportion de l’ensemble des demandes d’asile déposées en Suisse, (de l’ordre de 1%) la voie aérienne reste le moyen le plus sûr et le seul, d’atteindre directement notre pays. Les personnes qui demandent l’asile dans les aéroports ont donc choisi de déposer leur demande de protection dans notre pays et ce sont, dans leur plus grande majorité (env. 70%) des «bons cas» qui sont autorisés à entrer en Suisse pour la poursuite de la procédure.

Il convient donc de se demander pourquoi cette voie n’est pas utilisée beaucoup plus fréquemment.
L’explication est simple; les obstacles placés sur la route des demandeurs d’asile l’a rendent impraticable. Le fait qu’il est quasiment impossible d’obtenir rapidement un visa pour la Suisse lorsque l’on est persécuté dans son pays oblige les candidats à l’asile de se procurer, à prix d’or, des faux documents pour pouvoir voyager.

La méthode pour empêcher les arrivées est donc toute trouvée :
– Obliger les compagnies aériennes à ne pas transporter de passagers qui ne possèdent pas les documents valables pour entrer légalement dans le pays de destination ceci sous peine de lourdes sanctions.
– Envoyer des conseillers, Airline Officer (ALO) dans les aéroports « sensibles » pour aider les compagnies dans leur tâche.
– Obliger les passagers à obtenir un visa de transit aéroportuaire (VTA) pour empêcher le dépôt d’une demande de protection lors du passage dans un aéroport suisse.
La liste des pays concernés par cette mesure est éloquente ; tous les pays qui se trouvent au hit-parade des violations des droits de l’homme y figurent y compris la Syrie.
Si aucune de ces mesures ne porte directement atteinte au droit d’asile, elles ont pour but d’empêcher les personnes en quête de protection d’arriver en Suisse.
Et pour preuve, ; alors que 40 tibétains avaient demandé l’asile à l’aéroport de Genève-Cointrin entre janvier et septembre 2013, date à laquelle ces arrivées se sont arrêtées brusquement.
Est-ce parce que les violations des droits de l’homme au Tibet ont cessé soudainement à cette date ou parce que la Suisse est arrivée à empêcher purement et simplement la venue des personnes qui venaient solliciter notre protection?

En conclusion : Non, les réfugiés ne fuient pas la Suisse, nous les empêchons de venir dans notre pays par la voie la plus sûre ; l’avion.

Petit État au centre de l’Europe, accessible uniquement par voie aérienne depuis les pays extra-européens, ne serions-nous pas quelque peu responsables du fait que les candidats à l’asile choisissent d’autres routes beaucoup plus dangereuses, telle que la traversée de la Méditerranée ?

Pour EXODUS DIGNITY

MICHEL OTTET

One thought on “Les réfugiés fuient-ils la Suisse ?

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